Le pouvoir de l’image

Lorsque nous observons le toit des maisons ou survolons les terrasses des immeubles, nous pouvons voir le nombre pléthorique d’antennes qui les peuplent. Nous pouvons également observer qu’un fil part de la base de l’antenne pour s’enfoncer à l’intérieur de la maison ou immeuble et se raccorder au réseau interne.

A l’intérieur, un poste de télévision est mis sous tension, branché à une prise de courant qui fournit l’énergie nécessaire à son fonctionnement. Nous poussons le bouton de mise en marche, l’écran s’allume et, après un temps de chauffe, les images et le son apparaissent. Puis nous pouvons choisir le programme qui nous intéresse ou le changer en jouant avec les différents canaux et zapper ou surfer sur les multiples chaînes.

Ce petit préambule est destiné à illustrer le fonctionnement de notre propre circuit interne. En effet, lorsque nous avons une pensée à laquelle nous consacrons une certaine dose d’attention et d’émotion, elle finit par se matérialiser à travers une image qui prend forme dans notre conscience. Au début, cette image est floue puis, à force d’attention et d’émotion, les contours se précisent et la forme s’affirme complètement.

En reprenant l’analogie de la télévision, la pensée, qui est une onde vibratoire, suit le même chemin que l’image transmise par les réseaux de télévisons. Au départ, l’image des studios de télé est transformée en onde qui, selon sa longueur d’ondes, vibrera à une fréquence déterminée. Elle sera ensuite captée par l’antenne réceptrice appropriée et retransformée en image par les circuits du poste de télévision.

Mais revenons à la pensée, onde initiale, qui va progressivement se transformer en image dont la nature et la forme seront conséquente de la fréquence vibratoire utilisée. Deux composants essentiels, conditionnant la fréquence vibratoire, entrent alors en jeu. Il s’agit de l’attention et de l’émotion.

L’attention que nous portons sur cette pensée peut être soit libre soit chargée. Elle est libre si rien n’interfère avec sa nature créatrice originelle, celle qui rend réel ce sur quoi elle est dirigée ou maintenue en l’absence de tout jugement discriminatoire. C’est-à-dire que sa nature est complètement neutre et accueillante face à ce qui est présent.

L’attention est chargée lorsqu’elle est conditionnée ou influencée par des jugements de valeur, des préjugés, à priori etc. C’est-à-dire qu’elle perd sa neutralité originelle et influence, par la nature de ses propres filtres, ce qui est là présent, en l’occurrence la pensée.

Donc soit la pensée est considérée et acceptée pour ce qu’elle est, et alors elle suit son cours naturel créant une réalité appropriée ou s’estompe sans suite donnée. Soit elle est déformée ou influencée par les idées préconçues que nous avons déjà à son sujet et crée alors une réalité déviée.

La deuxième composante de la fréquence vibratoire est l’émotion. Elle est soit productrice, c’est-à-dire qu’elle est porteuse d’élan, de confiance et d’enthousiasme, soit elle est réductrice, c’est-à-dire qu’elle porteuse de résistance, de doute et d’inertie.

Finalement l’émotion joue le rôle de la prise de courant qui alimente le poste de télé, car elle est l’énergie alternative, positive ou négative, qui va colorier la pensée et donner une forme ou une autre à sa manifestation, bien différente l’une de l’autre.

Mais que devient cette image lorsqu’elle est présente dans notre conscience ?

Selon la quantité d’attention et la nature de l’émotion que nous lui attribuons, l’image peut se cristalliser de plus en plus et faire partie de nos images favorites, un peu comme les sites internet que nous intégrons dans notre liste de favoris. Ensuite, comme pour nos feuilletons télé favoris, auxquels nous nous identifions pleinement, vivant toutes les émotions des acteurs à travers les situations de leurs scénarios, nous pouvons également nous identifier à cette ou ces image(s) et la ou les vivre en boucle dans une réalité qui peut paraître immuable.

L’identification à ces images est comme si nous les imprimions sur papier photo et les installions dans un cadre doré sur notre table de chevet ou devant le miroir de notre salle de bains. De la même manière, elles sont enregistrées et sauvegardées dans les différents albums photos stockés dans notre conscience. Nous visionnons leur diaporama comme pour nos feuilletons favoris quotidiens, et il en va ainsi pour ces images journalières récurrentes. Sans cesse, elles se réactualisent en réponse aux stimuli extérieurs et produisent les mêmes effets ou conséquences.

En effet, ces images, auxquelles nous sommes complètement identifiés, sans même nous en rendre compte, peuvent se superposer, et c’est très souvent le cas, aux états, situations ou événements qui jalonnent notre existence. Elles teintent et formatent notre interprétation de leur réalité, à tel point que très fréquemment elles nous aveuglent et nous privent d’un discernement approprié ou d’une vision étendue, hors des limites de l’apparence de cette réalité.

Concrètement, ces images constituent le cadre rigide de notre réalité individuelle et collective car elles déterminent préalablement la nature et la forme de notre réalité. Ainsi, l’image s’impose automatiquement dans une seule dimension formelle au détriment d’une vision étendue ; elle préfigure et conditionne une perception limitée à la seule apparence au détriment d’un discernement éclairé ; elle formate la conscience à ne prendre en compte que les éléments tangibles et mesurables au détriment d’une vision multidimensionnelle, allant au-delà des seules perceptions sensorielles.

Tout cela nous amène à croire que pour qu’un changement puisse advenir dans notre existence, il est nécessaire que l’image apparente de la réalité se transforme d’abord afin que nous ayons une preuve concrète que cela peut se produire. Partant de ce principe, notre regard se porte alors sur l’extérieur, l’autre, les autres et nous attendons tous que l’autre, les autres, changent d’abord. Ensuite qu’ils nous en apportent la preuve d’un changement afin que nous n’ayons, nous-mêmes, finalement rien à faire, juste à le constater ou en profiter.

Là encore, nous sommes prisonniers de l’image que nous renvoie l’extérieur et nous restons ignorants ou dénions notre responsabilité de créateurs d’images. Nous nous soumettons à
l’impact de leurs effets en attribuant leur origine à l’extérieur, refusant de reconnaître que nous en sommes les premiers et principaux pourvoyeurs.

Le pouvoir de l’image sur notre conscience s’exerce de deux manières. D’une part, la pensée, qui se transforme progressivement à travers le processus énoncé plus haut en image virtuelle, se matérialise par l’influence prépondérante qu’elle impacte dans notre conscience sur notre interprétation et perception de la réalité.

D’autre part, l’image des apparences de la réalité extérieure fait échos et entre en résonance avec nos propres images intérieures qui, de ce fait, modifient, deviennent ou transforment notre interprétation et perception de ladite réalité.

La perception des images entrantes ou sortantes peut s’effectuer d’une manière sensorielle, visuelle, sonore, même par des sensations physiques ou simplement des ressentis, selon le système propre à chacun.

L’imagerie, quelle que soit la forme de sa perception, nous plonge dans l’illusion d’un monde virtuel où l’apparence détient un pouvoir phénoménal au sein de notre conscience. Car, même si les faits sont objectifs, leur perception et leur interprétation n’en restent pas moins subjectives, soumises à la virtualité des images qui les colorie au gré ou au goût de chacun.

Si nous suivons ce cheminement, ces quelques questions s’imposent d’elles-mêmes.

Quelle est la part fondamentale de la réalité qui est réellement perçue ?

Quelle est la part de réalité illusoire fondée sur la seule observation des apparences ?

Enfin, quelle est la véritable réalité objective qui se cache à l’arrière plan des apparences ?

Les réponses à ces questions font appel à un discernement éveillé qui dépasse largement la logique rationnel d’un mental, aussi bien fait soit-il. L’intégrité est une des clés d’accès mais les véritables réponses émanent naturellement dans le silence et le calme profonds d’un mental apaisé et confiant, hors de toute attente prédéterminée. La perception provient alors de notre être sensible. Devenant extrasensorielle, elle nous révèle intuitivement les inspirations éclairées qui nous permettent de traverser le voile de l’illusion et d’emprunter le chemin de la vérité.

Bonne exploration et belles découvertes à chacun de nous.

Bien à vous tous

Alain Rech

Auteur du livre : La Trace du Futur

3 réflexions sur “Le pouvoir de l’image

  1. Myriam dit :

    Brillante démonstration de la dichotomie entre la réalité objective de ce qui est vue a travers notre œil, le support de cette information qui est vibration et énergie et l’interprétation bien sur subjective qu’en fait notre mental.
    Quelle clairvoyance Monsieur Rech !

  2. Ubuntu dit :

    L image s adressant directement a nos emotions sans passer d abord par le filtre de notre conscience , je ne pense pas que nous puissions echapper totalement au pouvoir de l image.

    1. Alain RECH dit :

      Je vous remercie pour votre commentaire et respecte complètement votre point de vue…
      Bien à vous
      Alain Rech

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